L’État de Palestine entre guerre et occupation : comment adapter et renforcer nos coopérations ?

Note de cadrage

Contexte
La reconnaissance de l’État de Palestine par la France le 22 septembre 2025 constitue une étape diplomatique majeure, dans un contexte international complexe. Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large, avec la reconnaissance de la Palestine par plusieurs autres États. Cependant, elle intervient alors que l’occupation israélienne se poursuit et que la situation humanitaire et sécuritaire reste dramatique, en particulier dans la bande de Gaza où les opérations militaires ont provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes et la destruction massive des infrastructures civiles. Les violations répétées du droit international, notamment des dispositions de la IVe Convention de Genève, et le sentiment d’impunité qui en découle, contribuent à l’enlisement du conflit et au blocage des voies diplomatiques classiques.

Enjeux pour la diplomatie française
La reconnaissance officielle de l’État de Palestine pose des questions concrètes sur sa traduction dans la politique extérieure française. Elle interroge le rôle que la France peut jouer pour soutenir une solution politique durable, protéger les populations civiles et encourager le respect du droit international. Il s’agit notamment de définir les implications concrètes de cette reconnaissance, de clarifier les frontières reconnues et d’identifier les mesures diplomatiques, politiques ou économiques susceptibles de favoriser la reprise d’un processus politique crédible. Par ailleurs, la France est appelée à renforcer son action au sein de l’Union européenne, des Nations unies et des instances internationales multilatérales pour soutenir une solution politique équilibrée.

Coopérations décentralisées franco-palestiniennes
Les collectivités territoriales françaises engagées dans des partenariats de coopération décentralisée avec des acteurs palestiniens, notamment via Cités Unies France, rencontrent aujourd’hui d’importantes difficultés. L’accès aux territoires palestiniens est souvent restreint, avec des refus de visas pour des délégations d’élus et des obstacles pour les équipes techniques, ce qui entrave le suivi et le développement des projets. Malgré les démarches diplomatiques entreprises par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et par Cités Unies France, ces restrictions persistent. La coopération décentralisée reste cependant essentielle : elle permet de répondre directement aux besoins des populations locales, de maintenir un lien opérationnel sur le terrain et de renforcer les partenariats existants, même lorsque les voies diplomatiques classiques s’essoufflent.

Objectifs de l’atelier
L’atelier vise à analyser les conséquences politiques et diplomatiques de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France et à réfléchir au positionnement possible face à la poursuite de l’occupation et à la crise humanitaire. Il s’agira également d’identifier les leviers permettant de maintenir et de renforcer les coopérations décentralisées, en tenant compte des contraintes d’accès et du contexte de conflit, et de réfléchir aux adaptations nécessaires des dispositifs de coopération pour garantir leur efficacité et leur continuité.

Perspectives et initiatives
Dans ce cadre, Cités Unies France et son groupe-pays Palestine travaillent à l’élaboration de nouvelles propositions d’action afin de soutenir les partenaires palestiniens et de renforcer les partenariats existants. Parmi ces initiatives, figurent notamment l’organisation de nouvelles missions de collectivités françaises, la mobilisation accrue des réseaux de collectivités et la préparation des prochaines Assises de la coopération décentralisée en 2027, qui constitueront un moment de mobilisation et de réflexion autour de ces enjeux.

Axes de discussion
L’atelier pourra s’articuler autour des questions suivantes : comment donner une traduction concrète à la reconnaissance de l’État de Palestine ? Quels outils diplomatiques et politiques peuvent être mobilisés pour favoriser le respect du droit international ? Comment préserver et renforcer les coopérations décentralisées malgré les restrictions d’accès aux territoires palestiniens ? Enfin, quel rôle les collectivités territoriales françaises peuvent-elles jouer pour soutenir les institutions locales palestiniennes et répondre aux besoins fondamentaux des populations locales ?

Présidente de la réunion :
Fanny Sallé, Présidente du groupe-pays Palestine, Conseillère chargée des solidarités internationales, Conseil départemental de la Loire-Atlantique

Référents :
Simone Giovetti : s.giovetti@cites-unies-france.org
Mélanie Sabot : m.sabot@cites-unies-france.org



Informations pratiques


Horaire : 8 juillet 2026, de 14h30 à 16h00
Salle : Salon Neptune & Salon Liancourt
Type : Atelier 3

Localisation de la salle




Les autres rendez-vous de la session


De 09h30 à 11h00 : Quelle place pour l’AICT dans la recomposition géopolitique en Afrique ? (salle Amphi Rochefoucauld)

De 09h30 à 11h00 : Coopération avec l’Amérique latine et Caraïbes et l’engagement des jeunes (salle Salon Magne)

De 15h30 à 17h00 : Gérer la ressource en eau dans les territoires ruraux au Maghreb (salle Amphi Rochefoucauld)

De 15h30 à 17h00 : L’AICT en Asie à l’épreuve des changements environnementaux (salle Salon Neptune & Salon Liancourt)